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Naufrage

Un paquebot pourrait-il s’échouer à Cannes ?

publié le 16 janvier 2012


En 1962, la baie a été le théâtre d’un naufrage de paquebot de croisière. Un cas resté unique alors que ces monstres marins sont plus nombreux à fréquenter la zone.

De prime abord, ça fait rire les professionnels de la mer de Cannes. Un paquebot de croisière, s’échouant à Cannes ? Impensable, aujourd’hui ! Mais avec le drame qui s’est joué vendredi sur le littoral toscan, on est tout de même tenté d’approfondir la question. D’autant qu’en mai 2007, le Lady Moura, yacht privé de 108 mètres, s’est échoué à la sortie du port Canto causant une pollution et la fermeture des plages. Grand seigneur, le propriétaire et milliardaire saoudien Nasser al-Raschid avait alors payé pour les dégâts et offert en prime un bateau antipollution à la ville de Cannes.

« On ne l’imagine pas aujourd’hui ! »
Mais les grosses unités de plaisance ne sont pas les seules à fréquenter le littoral cannois. La cité des festivals accueille également de nombreux paquebots de croisière sur ses deux zones de mouillage (sous l’héliport et au Nord de Ste-Marguerite). Elle a ainsi enregistré 128 escales entre le 14 avril et le 2 décembre 2011. Soit une trentaine de navires en 2011.

« Franchement, on n’imagine pas aujourd’hui un paquebot faire naufrage à Cannes. D’accord, l’été on voit des petites unités se mettre sur les hauts-fonds de la baie de Cannes, comme aux Moines (au sud de Saint-Honorat) ou entre la pointe Croisette et l’île Ste-Marguerite. Mais ce sont souvent des touristes qui prennent un bateau, mais ne savent pas lire une carte… Pire, n’en ont même pas à bord », déclare un plaisancier cannois.

Un naufrage en 1962
Pour le patron des pêcheurs de Cannes, pourtant,« c’est déjà arrivé qu’un paquebot s’échoue à Cannes ».

Bastian Giordanengo, premier prud’homme de Cannes se souvient en effet : « je dirais que c’était il y a 25 à 30 ans. Il avait touché les Moines au Sud de Saint-Honorat et s’était abrité devant port Canto. » En fait, il s’agissait du Venezuela, battant pavillon italien. C’était en 1962. « Mais aujourd’hui, avec toute la technologie embarquée, ça ne doit plus arriver », relativise le professionnel qui précise« d’ailleurs tous les paquebots arrivent du large et entrent en baie de Cannes avec un pilote. »

Pilotes embarqués
« Aucun bateau de plus de 80 mètres n’entre dans la baie sans qu’un pilote ne soit embarqué à son bord. Et son travail est d’éviter les avaries, confirme Rodolphe Striga, président de la station de pilotage de Nice, Cannes et Villefranche. La zone de pilotage obligatoire commence à 5 milles des côtes, c’est-à-dire 9 km.»

Et le pilote d’enfoncer le clou : « En 2011, nous avons enregistré 3 354 manœuvres pour zéro avarie ». Et depuis que les pilotes commissionnés par l’Etat existent, c’est-à-dire en 2008 « Nous comptabilisons 2 avaries. Deux chaînes qui ont lâché lors de forts coups de vent. Mais sans autre dégât. Les paquebots ont récupéré leur ancre plus tard. »

Article paru le 16 janvier 2012 sur www.nicematin.com