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Intempéries en Corse

Ajaccio secoué par les vagues

publié le 10 novembre 2011


Un épisode de forte houle a secoué le golfe hier matin. Les vagues qui s’étaient formées dans la nuit ont léché le port, les abords de la citadelle et les établissements situés route des Sanguinaires.

“Après tous ces jours de beau temps, il fallait bien qu’on le paye.” La remarque d’un jeune patron pêcheur, jetée devant une mer démontée, assumait hier son côté superstitieux. Mais que l’on se fie à Poséidon ou Météo France pour comprendre les phénomènes maritimes, le résultat était le même : une forte houle balayant la ville pendant toute une matinée. L’alerte émanant des services de la préfecture, qui concernait Ajaccio, recommandait la plus grande vigilance et fixait une tranche horaire critique : de onze à quinze heures. Mais les hostilités avaient débuté bien plus tôt.

Au petit matin, le quartier du Trottel ouvrait les yeux sur une plage démontée, où trois bateaux s’étaient échoués. Sur la place Miot, on se hasardait à promener son chien ou au besoin à prendre quelques clichés. De l’autre côté, sur la route des Sanguinaires, les restaurants avaient tenu bon, contrairement aux autres épisodes qui avaient malmené les paillotes. Au final, seule une salle de sport sera touchée par une inondation. La pointe de la Parata offrait un spectacle chaotique avec des rouleaux de plus de quatre mètres. Seuls de rares curieux osaient s’aventurer dans ce décor apocalyptique.

A l’intérieur du golfe, les vagues avaient détaché plusieurs navires amarrés dans la rade. « Nous attendons une place depuis 8 ans dans le port », regrettait une sexagénaire qui procédait avec son mari à la mise en sécurité de leur voilier échoué.

Au final, on ne dénombrera que des dégâts matériels. Y compris dans le port Tino-Rossi, encore soumis à rude épreuve.

Une dizaine de bateaux échoués
Au petit matin, le Jean-Nicoli de la SCNM et le Mega-Smeralda de la Corsica Ferries avaient accosté avant de mouiller loin du quai. Au final, seul le ferry jaune restait en rade. Entre les pannes, la forte houle brinquebalait fortement les bateaux.

Sur place, des plaisanciers suivaient presque en direct les bulletins de Météo France. Près des coques, on serrait les cordes en priant que la mer soit clémente. Finalement, il y aura eu « plus de peur que de mal », notait Jean-André Simonetti, le maître de port. « L’épisode n’a pas duré trop longtemps, ce qui fait que les dégâts ont été limités », poursuivait-il près du mole croisières. Cet édifice est régulièrement mis en cause par les pêcheurs qui le rendent responsable du dérèglement des courants dans le port Tino-Rossi. « Quand il y a des bateaux de croisière, il peut y avoir un phénomène de rouleau, avec de la houle qui revient très violemment sur les bateaux car l’eau s’infiltre sous le tirant d’eau et longe les pilotis de la digue », a-t-il détaillé. Non sans indiquer que ce phénomène, qui est connu, est « maîtrisé ». « Quand un navire de croisière est à quai, nous le déplaçons, ce qui limite les conséquences », poursuit-il. Vers l’extrémité de la jetée, des travaux devaient renforcer le port. Au final, on ne déplore qu’une seule panne détachée. Et quelques dommages matériels sur les bateaux. En fin de journée, la cité impériale sortait de la tempête. Pour entrer dans une autre, cette fois, sur la terre ferme…

Article et photos publiés par Corsematin.com, le 09/11/2011