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Zone Maritime Particulièrement Vulnérable

Les Bouches de Bonifacio désormais sous haute protection

publié le 26 août 2011


Nathalie Kosciusko-Morizet a officiellement annoncé le classement des Bouches de Bonifacio en zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) et le renforcement de mesures de protection des mammifères marins.

Quel meilleur point de vue que le sémaphore de Pertusato, à la pointe de Bonifacio, pour prendre toute la mesure de la fréquentation maritime dans le détroit qualifié de dangereux, qui sépare la Corse de la Sardaigne ? Un détroit récemment classé zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) par l’Organisation maritime Internationale (OMI) et qui a fait hier l’objet de toutes les attentions de la part de la ministre de l’Écologie et du développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet. La démonstration de la préfecture maritime du haut de la plate-forme de Pertusato a en tout cas conforté la ministre de l’Écologie, également chargée de la mer, sur les raisons de sa venue hier dans l’Extrême-Sud.

130 000 tonnes de matières dangereuses
Après un bref passage par la commune de Porto-Vecchio, Nathalie Kosciusko-Morizet a rejoint en début d’après-midi la pointe sud de l’île, accompagné du préfet de Corse et du sous-préfet de Sartène, ainsi que d’une importante délégation d’élus régionaux, dont le président de l’exécutif Paul Giacobbi, le président de l’assemblée territoriale Dominique Bucchini et son vice-président et maire de Bonifacio Jean-Charles Orsucci, le sénateur Gérard Alfonsi ou encore le député Camille de Rocca Serra. L’occasion de passer en revue l’actualité du ministère de l’Écologie sur ce secteur sensible et d’annoncer une série de mesures pour une meilleure protection des Bouches de Bonifacio.

130 000 tonnes de matières dangereuses transitent chaque année par ce détroit de 11 kilomètres de large, au plus près, et de seulement 100 mètres de fond, au plus profond, parsemé d’écueils et d’îlots. Les risques sont permanents. En 2010, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie, et Stefania Prestigiacomo, ministre de l’Environnement de la République italienne, annonçaient leur volonté commune de faire interdire le passage dans le détroit des Bouches aux navires transportant des hydrocarbures et autres matières dangereuses… Puis, plus rien. Une première étape vient enfin d’être franchie, mi-juillet, avec le classement des Bouches en ZMPV, répondant ainsi favorablement à une motion de l’assemblée de Corse… adoptée en septembre 2008 !

Un pilotage « fortement recommandé »
Ce statut de zone sensible officiellement reconnu va permettre à la France et à l’Italie de mettre en place des mesures, dont Nathalie Kosciusko-Morizet s’est fait hier l’écho : « Un détroit international est géré par l’OMI, on ne peut pas le réglementer comme on veut. Nous allons dans un premier temps, dès 2012, fortement recommander la présence d’un pilote italien ou français, qui connaît bien le détroit, pour accompagner les bateaux avec un tonnage important. Un pilotage hauturier, qui, je l’espère, deviendra à brève échéance obligatoire. Il y a encore 10 % des bateaux(N.D.L.R. : les navires français et italiens sont déjà interdits de passage)qui circulent dans le détroit avec des matières dangereuses. À terme, je crois qu’il faudra aller vers une interdiction de ce type de cargaisons. Mais ce point n’est pas encore consensuel avec les Italiens ».

Parc Marin : sur la bonne voie !
L’occasion d’aborder un autre thème d’actualité : la création du Parc marin international des Bouches de Bonifacio, qui était déjà au cœur de précédentes annonces de NKM, notamment sur la question du statut juridique. Un cadre légal « compliqué à mettre en œuvre », avouait hier la ministre de l’Écologie lors de son passage éclair sur les îles Lavezzi, « mais nous sommes sur la bonne voie. Les jalons sont posés, on avance des deux côtés, français et italiens », rassurait-elle, en présence des équipes de l’office de l’environnement de la Corse, dont l’important travail de protection réalisé depuis des années dans le cadre de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio a été souligné. Nathalie Kosciusko-Morizet a enfin tenu à défendre son arrêté, pris le 1er juillet, visant à renforcer la protection des mammifères marins en interdisant toute perturbation intentionnelle des animaux, ainsi que la dégradation de leurs aires de repos ou d’alimentation. « Les activités nautiques en mer seront désormais réglementées et les captures accidentelles devront être obligatoirement déclarées ». Une mesure qui sera bien difficile à appliquer dans une région (située au cœur du sanctuaire Pelagos) où la surfréquentation estivale en mer mène depuis toujours la barque !

Corse-Matin, le 26 août 2011