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Securité

La gendarmerie maritime veille sur le littoral

publié le 25 août 2011


Avec les affaires maritimes et les douanes, la gendarmerie veille aussi sur des kilomètres de côtes. Une mission de prévention, et parfois des sanctions.

La gendarmerie maritime de Saint-Malo sort en mer une à deux fois par semaine.

Tout le monde connaît les contrôles ou les amendes pour excès de vitesse sur la route. Mais qui aurait pensé que les plaisanciers et les pêcheurs étaient aussi soumis à des contrôles réguliers sur l’eau ?

C’est la vedette Trieux, commandée par l’adjudant-chef Alain Wiemann qui patrouille le long de la côte d’Émeraude. Depuis la baie du Mont Saint-Michel jusqu’à Trébeurden dans les Côtes-d’Armor, cet équipage de neuf gendarmes surveille le littoral.

130 jours par an
La vie à bord est des plus simples : « Une fois que nous savons gérer les ego de chacun, c’est presque du bonheur. Nous sommes tous multitâches », explique l’adjudant-chef Wiemann, surnommé « le Pacha » par son équipage. Laurent Aldeguerre, chef machine, a été proclamé cuistot du bord. Et ce ne sont pas ses délicieuses langoustes aux poivrons qui entraîneront son limogeage. Bien au contraire !

Ces gendarmes marins passent près de 130 jours en mer dans l’année. Concernant le mal de mer, ils ne sont pas tous amarinés. « Dans la Marine, j’ai été malade comme jamais, rit Eudes Minaud, chef de quart, pourtant, cela ne m’a pas empêché d’être dans la gendarmerie maritime. »

« Deux fois contrôlés ! »
C’est en canot pneumatique que sont effectuées les patrouilles. Hier, ils ont patrouillé depuis Saint-Malo jusqu’à l’île des Hébihens.

Harnachés de leurs gilets de sauvetage et casquette vissée sur la tête, le maître de logis chef Eudes Minaud et le gendarme Yannick Vivier cherchent le sujet de leur premier contrôle.

Ce sera deux « anciens » comme sont surnommés les retraités. Vérification des papiers de l’embarcation, du matériel de sécurité et du contenu de la pêche qui doit rester dans les normes nationales et européennes. Lampe de poche, miroir pour faire des appels, extincteur, brassières de sécurité et papiers, tout est en ordre ! Ce qui n’empêche pas le plaisancier de râler : « Ça fait deux fois que je me fais contrôler cette année ! »

Des gendarmes conciliants
Un peu plus loin, il manque une échelle à l’embarcation de ces trois plaisanciers. En cas de chute, il leur faudrait une force surhumaine pour remonter à bord. Conciliants, les deux gendarmes leur délivrent un avertissement. Ils devront acheter l’échelle et faxer la facture sous dix jours. « Allez ! 15 jours ! », tente de marchander les plaisanciers. Conciliants mais pas bonnes poires : ce sera 10 jours. La gendarmerie contrôle les excès de vitesse en mer. À moins de 300 m d’un abri, les bateaux ne doivent pas dépasser une vitesse de 5 noeuds.

Ce bateau au loin fonce sans ralentir vers une plage de sable fin. À la limite du dépassement de vitesse, il est réprimandé par les deux militaires, qui le laissent finalement partir. « Quand on a un doute, on préfère ne pas verbaliser », avoue Yannick Vivier.

Rentrés aux Bas-Sablons, leur port d’attache, les militaires doivent entretenir et nettoyer leur bateau. Ils termineront leur journée en remplissant leurs tâches administratives : « Le côté moins drôle du métier ».

Ouest-France, le 25 août 2011