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Bretagne sud

Golfe du Morbihan > Manifestation contre la vitesse

publié le 1 août 2011


Hier après-midi à Berder, à l’initiative de l’association Golfe clair, les manifestants ont interpellé les pilotes des vedettes trop rapides. Ils dénoncent les dangers et nuisances.

Reportage
Dimanche après-midi, entre les îles de Berder et de la Jument, sur le pont des vedettes touristiques qui sillonnent le Golfe, les passagers ouvrent grand leurs yeux et oreilles. Interpellés depuis la rive par un porte-voix, des cornes de brume et des pancartes sur lesquelles ils peuvent lire « Moins de bruit », « Moins de vagues » ou encore « Cinq noeuds ».

Une scène surprenante sur l’un des sites les plus fréquentés de la petite mer intérieure : une trentaine de membres et sympathisants de l’association Golfe clair manifestent bruyamment et visuellement pour dénoncer les excès de vitesse dans le Mor Bihan.

« Le schéma de mise en valeur de la mer a établi une réglementation qui doit être respectée par tout le monde si on veut préserver cet atout touristique, économique mais aussi environnemental qu’est le Golfe », explique Philippe Robin, le président organisateur du rassemblement.

« La vitesse ne doit pas excéder 5 noeuds dans le chenal et dans une bande distante de 300 m du rivage. Au-delà, elle est limitée à 10 noeuds. Or, chaque dimanche après-midi en été mais aussi au printemps, le chenal du Golfe ressemble à une autoroute lors d’un retour de week-end. Avec des plaisanciers à moteur qui sont pressés de rentrer au port sans tenir compte des voiliers mais aussi d’un environnement fragile. Ce sont ces excès et leurs conséquences que nous dénonçons. »

Des vagues dangereuses
Des contrôles par les gendarmes ont bien lieu mais ils sont insuffisants aux yeux de ces défenseurs de l’environnement. « Les Affaires maritimes manquent d’hommes et de moyens pour couvrir tout le littoral morbihannais face à un accroissement des immatriculations de la plaisance. Les gendarmes n’ont pas de radar pour calculer la vitesse réelle. De plus, ils affirment eux-mêmes ne verbaliser qu’au-dessus de 20 noeuds parce qu’ils ne veulent pas submerger de procédures les bureaux des juges. »

« On nous rétorque souvent que la mer est à tout le monde. Justement ce n’est pas un espace où tout est permis. Ceux qui veulent jouer les fous de la vitesse peuvent le faire au large, dans le Mor Braz, entre Le Crouesty et Belle-Ile. Le Golfe est un espace trop fragile », souligne un navigateur sinagot, membre de Golfe clair.

Sont particulièrement visés dans le collimateur de ces défenseurs de l’environnement, les bateaux rapides mais aussi les jetskis, la pratique du ski nautique et les vedettes à passagers « dont les carènes ne sont pas adaptées à cette mer fermée et très fréquentée ». « Les déplacements de toutes ces embarcations provoquent des vagues dangereuses pour les petits voiliers, canots et kayaks mais aussi pour la biodiversité. En effet, les vagues cassent notamment les petites huîtres dans les parcs quand ceux-ci sont découverts à mi-marée. Or, l’ostréiculture est déjà en crise avec une forte mortalité des jeunes espèces », s’indigne une mère de famille qui a sensibilisé ses enfants pour la manifestation.

Coup d’épée dans l’eau ou premiers jalons avant de nouvelles opérations ? Les membres de Golfe clair sont persuadés que « les plaisanciers finiront par prendre conscience que gagner cinq minutes sur l’eau lors de petits trajets, ça ne sert pas à grand-chose. Surtout quand le prix des carburants sera encore plus élevé. On ira alors inévitablement vers le moteur électrique ».

Ouest-France, le 1 août 2011