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Le Touquet > Pourquoi pas un port nature ?

publié le 29 juin 2011


L’idée d’un port de plaisance à la pointe nord du Touquet renaît. On la croyait pourtant définitivement enterrée depuis 1999 et le classement de l’endroit en zone naturelle. L’association « Ports Nature Canche Étaples-Le Touquet » vient de se créer pour reprendre ce projet de l’ancien maire Léonce Deprez mais avec une approche radicalement différente. On ne parle plus de marina tape-à-l’oeil et coûteuse mais d’un simple port nature intégré dans un aménagement plus global de la baie de Canche.

Comme il se sait attendu au tournant, le Touquettois Luc Carbillet, président de cette association, se défend à l’avance d’être téléguidé par Léonce Deprez, l’ancien maire. Comme ses deux vice-présidents, l’autre Touquettois Alain Herman et l’Étaplois Jean-Pierre Lamour, il croit au potentiel de développement touristique et économique lié à la plaisance. La France manque d’anneaux (Boulogne s’apprête à agrandir son port), le Touquet jouit d’une position géographique incontournable et le site actuellement en friche de l’ex-camping est le lieu idéal pour créer un port nature « peu coûteux à aménager », insistent-ils.

Surtout leur projet s’inscrit dans une approche plus générale. « On abandonne cette idée de port Touquet et on parle d’un projet d’aménagement global de la baie de Canche qui reprend le port d’Etaples à développer pour l’accueil des bateaux à faible tirant d’eau, la création d’un port nature au Touquet et des travaux dans la baie », insiste Jean-Pierre Lamour, ancien maire d’Étaples. Pour ce dernier, il y a urgence à agir pour lutter contre les phénomènes naturels d’engraissement en sédiments du banc du Pilori et d’érosion côtière avec la mer qui ne cesse de gagner du terrain sur la pointe nord…

Comme ils savent le sujet très politisé, les trois hommes veulent « dépassionner et dépolitiser le débat, prendre le problème de façon objective, sans hystérie ». Pour Alain Herman, « il faut sortir de l’idée “c’est le projet Deprez”. Dans le fond, le projet qu’on a est nouveau.

Avec notre association, nous souhaitons prendre le temps d’aller visiter d’autres ports nature en France, en Hollande et en Belgique, faire des audits, rencontrer des professionnels etc. »

Jamais de marina
Comme la zone est classée, inutile en effet de rêver à une marina ronflante avec pontons, immeubles, commerces… En revanche « un port nature sans construction, pas lourd pour l’environnement » est tout à fait envisageable. Ils savent les associations de défense de l’environnement sur les dents, ils veulent donc les associer à leur démarche. Ils en ont déjà parlé avec le GDEAM. « On peut associer de la plaisance et de l’écologie, plaide Luc Carbillet. Si on voit la baie de Canche comme un réservoir naturel et un lieu touristique, on peut envisager de l’information, des animations à destination des navigants, eux aussi attentifs à l’environnement, pour promouvoir les espèces à protéger.»

Jean-Pierre Lamour souhaite s’appuyer sur le concept de développement durable du Grenelle et qui repose sur trois choses : « préservation de l’environnement, équité sociale et efficacité économique ». Autrement dit, il n’a jamais été écrit qu’il fallait sanctuariser des lieux au détriment du développement économique. « C’est une opportunité pour créer des emplois, on en a besoin », ajoute Alain Herman. Luc Carbillet pense que le concept d’aire marine protégée qui vise à protéger et valoriser économiquement et durablement des sites sensibles du milieu marin et côtier les aidera à donner de la consistance à leur projet. Un projet auquel ils ne souhaitent pas, pour le moment, associer les politiques. Tant ils pensent qu’ils lui ont suffisamment nui par le passé.

La Voix du Nord, le 29 juin 2011