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Couach > Didier Cazeaux sanctionné

publié le 5 mai 2011


L’ancien patron du chantier condamné à 100 000 euros par l’AMF. Les malheurs du chantier naval Couach, liquidé en 2009, et repris par l’industriel Fabrice Vial, viennent de connaître un prolongement : Didier Cazeaux, ancien actionnaire majoritaire, et ex-président du conseil de surveillance, a été condamné à 100 000 euros d’amende par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Pour l’ancien président du directoire Jérôme Cao, la sanction est de 60 000 euros.

Les anciens dirigeants se voient reprocher d’avoir diffusé des informations financières inexactes, de nature à induire en erreur les investisseurs minoritaires, qui ont perdu leur mise dans cette liquidation, où les ardoises des banques et des fournisseurs se chiffrent en dizaines de millions.

Dans sa décision, l’AMF a notamment pointé une interview accordée par Didier Cazeaux en janvier 2009 dans laquelle l’homme d’affaires affirmait que l’année « serait tout à fait remarquable en termes de résultats ». Cet entretien avait une tonalité comparable au communiqué publié le 17 décembre 2008, et qui évoquait « la bonne orientation du quatrième trimestre ».

Or, de toute évidence, dans un contexte conjoncturel difficile, de sérieux craquement s’étaient déjà manifestés dans la vie financière de l’entreprise, spécialisée dans la fabrication de yachts. Et, le 5 novembre, les commissaires aux comptes avaient lancé une procédure d’alerte. Ces faits n’apparaissaient ni dans le communiqué du 17 décembre, ni dans l’interview accordée quelques semaines plus tard par Didier Cazeaux.

Cazeaux va faire appel
Au-delà de ces éléments, l’AMF met l’accent sur les méthodes comptables de Couach, où la distinction entre chiffre d’affaires et carnet de commandes n’était pas toujours d’une grande limpidité.

Pour leur défense, les deux hommes ont fait valoir que Couach utilisait ces méthodes depuis plusieurs années sans avoir pour

Didier Cazeaux

Didier Cazeaux

autant encouru jusque-là les foudres de l’AMF. Mais, dans son enquête sur la communication financière de 2008 et 2009, l’Autorité des marchés a relevé entre autres que deux très gros bateaux – un 33 mètres et un 50 mètres figuraient dans le carnet de commandes, alors que des conditions suspensives non résolues jetaient un doute sur les perspectives de concrétisation de ces contrats.

Didier Cazeaux va faire appel, tout comme Jérôme Cao. Bien qu’aux commandes opérationnelles du groupe, ce dernier a été moins sanctionné que Didier Cazeaux. Il est vrai que, malgré son statut de résident fiscal suisse, celui-ci, qui a gardé de solides attaches avec le bassin d’Arcachon, continuait à jouer un rôle important, notamment en termes de communication financière.

Au-delà de la procédure d’appel, qui sera examinée par la Cour de Paris, l’affaire n’a sans doute pas fini d’occuper le monde judiciaire : le tribunal de commerce a été saisi par le

liquidateur Christophe Mandon d’une requête visant à faire remonter de plusieurs mois la date de la cessation de paiement. Et un groupe de plusieurs dizaines de créanciers, défendus par l’avocat bordelais Bernard Cadiot, est décidé à ne pas lâcher Didier Cazeaux.

Sud-Ouest, le 5 mai 2011