Actualités

  • Reading: Cordouan > Anniversaire, des festivités controversées

L'actu des régions

Cordouan > Anniversaire, des festivités controversées

publié le 3 mai 2011


Le 11 juin aura lieu la fête des 400 ans de l’allumage du phare de Cordouan. Jacques Bidalun, le maire du Verdon, dénonce des festivités réservées à une élite.

En 1611, le phare de Cordouan s’allumait pour la première fois. à l’époque, un feu, à 37 mètres au dessus de la mer, protégé par une lanterne et entretenu en permanence , permettait de guider les bateaux lors du passage périlleux de l’estuaire.

400 ans plus tard, le phare continue de fonctionner et est devenu la fierté des habitants du coin. Il était donc normal d’organiser une gran-de célébration pour cet anniversaire peu banal. Oui mais voilà, chacun a eu sa petite idée des festivités et toutes n’ont pu être réalisées.

Un courrier à Madrelle
Le monument est une propriété de l’état, situé sur la commune du Verdon, historiquement rattaché à Royan, mais aussi à toute la Gironde et à la Charente-Maritime. Pour célébrer les 400 ans de son allumage, il était donc normal de réunir ces acteurs pour décider ensemble des festivités.

Le Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest) a été désigné comme organisateur principal. Fin novembre, il est convoqué au Conseil général avec un comité de pilotage formé pour l’occasion de membres des communes, départements et régions concernées. Le but : parler de l’organisation.

« Après ça, à la mairie, on n’a plus du tout été informés », affirme Jacques Bidalun, maire du Verdon. « On a appris par la presse que rien ne se ferait au Verdon ou à Royan, que toutes les animations auraient lieu autour du phare. J’ai eu un coup de sang et j’ai écrit au président du Smiddest, Philippe Madrelle, début février pour lui signaler qu’il avait oublié les propositions du comité de pilotage. Depuis, on n’a pas eu de réponse du président. »

Popularité versus sécurité
Jacques Bidalun aurait souhaité que la manifestation soit accessible au plus grand nombre. Il aurait aimé que le public puisse y participer nombreux. Finalement, la fête principale aura lieu autour du phare et ne sera pas ouverte à tous : les plaisanciers sont invités et un jeu concours désignera les autres participants. Muriel Tabary-Dumas a été embauchée par le Smiddest spécialement pour organiser la célébration. Elle regrette d’avoir dû limiter le nombre de places, « mais le lieu est complexe. Le phare est à 7 kilomètres des côtes, en mer, et n’est pas accessible autrement qu’en bateau et seulement à certaines heures. C’était dur de trouver un juste milieu entre popularité et sécurité. On va utiliser tous les bateaux possibles pour transporter le plus de personnes, mais en toute sécurité. C’est ce qui prime ».

Pour faire participer le public, un lâcher de lanternes chinoises depuis le littoral a été programmé, ainsi que des animations et concerts dans les communes côtières.

Pas encore de consensus
Pas de quoi contenter Jacques Bidalun. « Je voulais une fête populaire, pas seulement réservée à une élite VIP et aux journalistes », affirme-t-il. « Même si on n’est pas payeurs de la manifestation, on aurait aimé y participer. »

Le maire du Verdon a reçu une lettre de Jérôme Baron, le directeur du Smiddest, lui expliquant pourquoi la commune n’a pas été intégrée dans l’organisation. Jacques Bidalun la rapporte ainsi : « Il a dit que vu qu’il serait difficile de trouver un consensus, les financeurs décident seuls et après ils nous tiennent au courant et on s’associe ».

Pour contenter tout le monde, un amphidrome de 1 000 places pourrait être utilisé pour faire venir les badauds au plus près du phare. « Rien de sûr pour l’instant, on attend la confirmation », précise Muriel Tabary-Dumas. « Encore une fois, on a des contraintes de sécurité qui ne s’inventent pas, alors on ne peut pas annoncer n’importe quoi. »

Le samedi 11 juin, les discordes devraient être réglées et la fête devrait être belle. Les expositions et animations qui honorent le phare ont d’ailleurs déjà commencé. Et les quatre gardiens du phare, toujours en activité, continuent d’orienter les navires, loin du tumulte terrestre.

Renseignements : www.cordouan-400ans.com

Sud-Ouest, le 3 mai 2011