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Villefranche-sur-mer > Le mouillage restera gratuit

publié le 27 avril 2011


Très controversée, la réglementation du stationnement des bateaux dans la rade ne verra finalement pas le jour. En effet, petits plaisanciers et pêcheurs avaient manifesté une vive opposition au projet de 286 “parkings” loués à des tarifs débutant à 2 euros la demi-journée, dans la rade de Villefranche-sur-Mer. Ils devraient pouvoir souffler… au moins trois ans encore.

C’était la première tentative dans les A.-M. de réglementer le mouillage des bateaux. De Villefranche-sur-Mer à Saint-Jean-Cap-Ferrat et Beaulieu, le projet visait à limiter la surfréquentation estivale de sites remarquables, en rendant obligatoire l’amarrage à des bouées flottantes. Il entendait également diminuer les atteintes à l’environnement, en organisant un service maritime de ramassage des déchets. Cependant, Beaulieu n’avait pas tardé à prendre ses distances avant que les petits plaisanciers et les pêcheurs des deux autres ports n’expriment leur vive opposition.

Critiqué par le commissaire enquêteur, le projet vient d’être enterré par le préfet. « Les conditions de réussite ne me semblant pas réunies », avance dans un courrier le représentant de l’État, « je n’autorise pas la zone de mouillages (payants) », prônée par le syndicat intercommunal SIVOM. Exit donc les 286 « parkings » loués à des tarifs débutant à 2 euros la demi-journée.

Le mouillage libre, la pêche et même la baignade n’étant plus autorisés dans le secteur. « Monté dans la précipitation, sans réelle concertation, le projet tuait la petite plaisance en l’obligeant à payer un amarrage fixe, même pour une courte sortie », dénonce Jean Pieffort, président de l’Union des plaisanciers et usagers du littoral de Villefranche-sur-Mer (UPUL), fédérant huit associations de mécontents.

Une nouvelle mouture…
Désavouées par l’État, les communes de Villefranche et de Saint-Jean-Cap-Ferrat vont-elle s’atteler à une mouture plus consensuelle? « Le maire de Villefranche-sur-Mer, répond en son absence l’adjoint Richard Contes, prend acte de la décision du préfet. Défenseur de l’environnement et du patrimoine marin, il mettra tout en œuvre pour trouver des solutions adéquates ». « On prendra une décision, ajoute le maire de Saint-Jean et président du syndicat intercommunal, René Vestri, après en avoir débattu au sein du SIVOM ».

Sur le principe, les plaisanciers ne sont pas opposés à une réglementation soucieuse du devenir des milieux marins. « Tout le monde est favorable à la sauvegarde des herbiers de posidonie, souvent endommagés par les ancres de grosses unités, et à la lutte contre les pollutions marines », souligne Alain Frouté de l’UPUL.

… ne pourrait aboutir avant 2014
Avec une procédure et une enquête publique à reprendre à zéro, un nouveau projet ne pourrait aboutir avant trois ans. Dans l’immédiat, comment réduire les nuisances d’un mouillage anarchique?
« Le raccordement à la station d’épuration de Nice d’eaux usées jusqu’ici rejetées en mer a beaucoup diminué la pollution en rade de Villefranche », indique Jean Pieffort. « Reste à généraliser sur les bateaux les cuves de stockage de ces eaux dites “noires” et dans les ports les stations pour les recueillir… ».

Nice Matin, le 26 avril 2011