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Les armateurs s’inquiètent des nouvelles normes

publié le 5 avril 2011


Les armateurs qui exploitent des navires dans le nord de l’Europe tirent la sonnette d’alarme. Le 1erjanvier 2015, la convention Marpol 6 doit entrer en vigueur. Un texte jugé «irréaliste» qui ferait de la casse, note le Télégramme de Brest.

Photo : Claude Prigent / Le Télégramme

Le 1er janvier 2015, la donne devrait changer pour les armateurs qui opèrent en Manche, en Mer du Nord et dans la Baltique. Le texte Marpol 6, adopté par l’OMI (Organisation maritime internationale) va imposer sur cette zone l’utilisation d’un carburant dont la teneur en soufre ne sera que de 0,1 % contre 1% depuis le 1er juillet 2010.

UN ÉCART DE 40%

Concrètement cela signifie que les armateurs français mais aussi britanniques et scandinaves devront abandonner le fuel lourd, pour passer au gazole, car il n’existe pas, aujourd’hui, d’autre combustible qui réponde à ces critères. L’inquiétude monte chez les armateurs. Ils ne sont en rien opposés au développement durable, mais ce texte, «appliqué de façon brutale», est selon eux «irréaliste». Le gazole coûte plus cher que le fuel lourd. Aujourd’hui, la différence est de 40 %. Un armement comme Brittany Ferries, par exemple, consomme plus de 150.000 tonnes de carburant par an. «Les écarts de coûts vont dépasser les 50 % et des lignes maritimes vont être contraintes de s’arrêter car elles ne seront plus rentables», s’alarme Jean-Marc Roué, président du groupe Brittany Ferries.

DES PERTES D’EMPLOIS

La situation serait plus que délicate sur la Manche où la concurrence est féroce. Les compagnies françaises affichent déja un coût d’exploitation supérieur à ceux des pavillons internationaux. « Si le prix des soutes venait à augmenter significativement, cela émousserait encore leur compétitivité. Cela aurait des conséquences désastreuses car la survie des entreprises françaises serait extrêmement menacée et nous assisterions à des pertes d’emplois», prévient Anne-Sophie Avé, délégué général d’Armateurs de France.

UNE ABERRATION ENVIRONNEMENTALE

Marpol 6 est aussi une «aberration» d’un point de vue environnemental. En effet si le coût du transport maritime augmente, les transporteurs vont remettre leurs camions sur les routes, une solution plus économique… et plus polluante ! C’est le concept des autoroutes de la mer, (soutenu par Bruxelles !) qui tomberait à l’eau. Autre souci : le prix du gazole risque de flamber car la demande va monter en flèche et une crise des approvisionnements ne serait pas à exclure. Les armateurs français sont décidés à se battre avant qu’il ne soit trop tard. Auprès du gouvernement déjà et de Bruxelles aussi, qui doit transposer au printemps Marpol 6 dans sa nouvelle directive soufre. Ils exigent que le calendrier soit revu et corrigé et plus de souplesse dans son application.

Article paru dans le Télégramme de Brest