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Mauvaise gestion du port de Saint-Mandrier ?

publié le 25 mars 2011


François Cornu, membre de l’Amicale des plaisanciers mandréens (APM) fait le tour du port, et constate qu’il manque des embarcations à quai. Voilà qui contrarie l’APM depuis plusieurs mois.

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«Regardez la panne S, elle est entièrement vide. Et la R, à côté, c’est pareil. Partout, il y a des trous, alors qu’on est en hiver et qu’en principe les bateaux devraient être tous amarrés », confie François Cornu à Var Matin.

Le port de Saint-Mandrier, géré par la chambre de commerce et d’industrie du Var, a en effet été rénové et agrandi : 540 mètres linéaires d’appontement en plus, soit environ 800 places contre 700 auparavant. Les ouvrages ont été livrés l’été dernier. « Comme il y a une liste d’attente de 1 000 personnes, le port devrait être rempli », fait remarquer François Cornu. Or, selon l’APM, seuls 15 anneaux ont été attribués en 2010. Michel Blayac, représentant de l’association et élu au CLUPIPP (Comité local des usagers permanents des installations portuaires de plaisance) s’en est ému lors d’une réunion, en novembre dernier, avec Ports Toulon Provence, le concédant du port.

« Interprétation erronée du contrat »
Dans un courrier du 3 février, le président de Ports Toulon Provence, Robert Cavanna, répondait que selon le cahier des charges de la concession, « le nombre maximal de postes éligibles à un contrat annuel ne saurait dépasser 38 % de la capacité d’accueil totale du port ». En clair : plus de la moitié des anneaux serait réservée à des places passagers.

« Faux », répond l’APM, qui estime que c’est « une interprétation erronée du contrat de concession » (le contrat de concession a été signé entre l’Etat -autorité concédante- et la CCIV-le concessionnaire- en 1971 pour une durée de 50 ans. Il fixe les droits et obligations du concessionnaire). Selon François Cornu, « le contrat parle de 38 % d’amodiations car à la création du port, des contrats d’amodiations (à la création des ports, des contrats d’amodiations avaient été passés permettant à des plaisanciers de devenir propriétaire d’un anneau pour une durée déterminée) avaient été passés pour avoir des capitaux supplémentaires. Mais ces amodiations n’existent plus depuis longtemps ». L’association affirme que les places passagers ne peuvent excéder 25 % du nombre total d’anneaux.

« Justifier les hausses de tarifs »
Mais combien y a-t-il de bateaux à l’année dans le port ? Difficile d’avoir les bons chiffres. D’après François Cornu, les plaisanciers se font mener en bateau : « On n’arrive pas à obtenir la liste des bateaux dans le port ».

Dans tout cela, quel serait l’intérêt du syndicat mixte ou de la CCIV à maintenir un port à moitié vide, qui du coup lui rapporterait moins d’argent ? François Cornu avance une hypothèse : « Ils veulent réserver le plus de places possibles aux passagers, parce que les prix sont deux fois plus chers qu’en contrat annuel ». Michel Blayac pense aussi que le fait d’ « entretenir artificiellement une pénurie » de places au port permet de justifier une hausse des tarifs, « +350 % en 10 ans ».

Et François Cornu de conclure : « C’est une mauvaise gestion du service au public ».

Article publié dans Var Matin