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Nanni Diesel > Cap sur la recherche

publié le 24 mars 2011


La PME de La Teste-de-Buch (33) augmente la cadence. Elle exporte la moitié de sa production et investit dans la recherche. Nanni Diesel a le pied marin et déjà une longue histoire. Bien que née à Milan au début des années 1950, la PME s’est, depuis, enracinée à La Teste-de-Buch, où sont aujourd’hui concentrées ses activités de conception et de production.

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Elle est, depuis 1991, la propriété d’Amalia Festa, entrepreneur romaine volontaire. Fille d’un industriel turinois sous-traitant pour l’automobile, elle a investi dans cette PME spécialisée dans les moteurs marins. Au début des années 1980, Nanni avait mis le pied à La Teste-de-Buch en reprenant les affaires de Renault Marine, qui avait perpétué l’historique activité moteurs de Couach, l’inventeur de la première pinasse à pétrole. En 2010, Amalia Festa installe le siège social de Nanni en Gironde.

« J’ai senti que c’est en France et en Allemagne que se jouerait le marché européen des moteurs marins », assure la PDG du holding Nanni Industries. L’entreprise importe des moteurs destinés à l’automobile ou à l’industrie. Le cœur de son process est de les rendre compatibles avec une utilisation en milieu marin (circuit de refroidissement, carburation). Ses principaux fournisseurs sont Toyota, MAN ou le japonais Kubota, le plus grand constructeur de moteurs Diesel industriels. Le gros de la production (jusqu’à 4 300 moteurs vendus en 2007) équipe des petits bateaux dédiés à la petite plaisance, à la croisière côtière et au sport.

14 % de part de marché
En 2005, puis en 2008, Nanni, qui a conservé sa force de vente en l’Italie, ouvre des antennes commerciales aux Pays-Bas et en Allemagne : « Nous avons environ 14 % de part du marché mondial de la marinisation, un marché de niche », assure Amalia Festa. L’entreprise girondine a réalisé l’an passé 27 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié à l’export, en Europe principalement. Elle emploie 120 salariés, dont 80 à La Teste.

Nanni fait front pendant les années de crise 2008 et 2009. Pourtant, sa production chute d’un quart, son chiffre d’affaires baisse, et sa rentabilité fond comme neige au soleil. L’entreprise s’est toutefois diversifiée dans la fourniture de moteurs plus puissants pour vedettes de surveillance et autres bateaux de sauvetage, à plus forte valeur ajoutée. Ses effectifs sont restés stables.

En bon industriel, Nanni en a même profité pour investir, à contre-cycle, dans de nouvelles capacités de stockage. « Nous repartons aujourd’hui avec un tiers de nos besoins de production en stocks, alors que nos concurrents ont déstocké », assure Amalia Festa. Le choix est pertinent. Les récents événements du Japon perturbent en effet les approvisionnements. « Ils ont de gros problèmes logistiques », confirme la PDG de Nanni.

Énergies nouvelles
L’objectif stratégique de Nanni est de doubler d’ici à cinq ans son chiffre d’affaires et sa capacité de production. En cas de succès, les effectifs testerins pourraient être portés à 130. Les moteurs propres sont le nouvel horizon. Elle a mis la première sur le marché un moteur hybride Diesel et électricité, sur lequel elle fonde de grands espoirs. Avec l’université de Bordeaux 1, Nanni travaille d’arrache-pied sur les nouveaux carburants hybrides – « gaz et hydrogène compris », précise-t-on à La Teste.

L’entreprise dit vouloir investir environ 3 millions d’euros dans ces développements. C’est à ce propos qu’elle se rapproche aujourd’hui de la Région, que l’on sait généreuse en matière de soutien à l’innovation. Il faudra aussi à Nanni les moyens financiers de son développement. Elle y travaille. En refusant toute idée d’entrée en Bourse. « Je veux rester libre de mon capital, donc de mes décisions », conclut l’industrielle italienne du Bassin.

Article publié dans Sud-Ouest, le 24 mars 2011.