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Sécurité

La Rochelle équipe ses bassins de vidéosurveillance

publié le 21 mars 2011


Sept à quinze caméras de vidéosurveillance seront pointées sur les pontons des différents bassins. Le matériel est actuellement testé.

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Le 2 mars dernier, la découverte du corps sans vie d’un homme âgé de 23 ans endeuillait la chronique du port de plaisance. Son fourgon avait chuté dans le bassin du Lazaret, aux Minimes.

Si l’on remonte dans le temps, sur un autre site portuaire, celui du plateau nautique, ce sont des incendies de gros voiliers qui ont alimenté la chronique des faits divers. En janvier 2010, un catamaran d’une douzaine de mètres brûlait devant le chantier Naval Force 3. Tandis que le mois de septembre précédent, un autre multicoque de grande valeur avait littéralement fondu au bord du quai du bassin des Chalutiers. Et l’on pourrait aussi relever du registre des délits portuaires la main malveillante qui avait largué les amarres de l’« Océane IV » – la vedette des Inter-Iles avait achevé sa lente dérive au petit matin, coincée entre les deux tours du havre d’échouage -, sans omettre la longue liste des menus larcins commis sur les bateaux des plaisanciers et qui pourrissent l’humeur de leurs propriétaires.

« Mieux filtrer les accès »
S’il existe un fil invisible reliant tous ces sinistres, il est qu’un ou deux surveillants du port de permanence nocturne se retrouvent réduits à l’impuissance. En matière de prévention des sinistres et des vols, l’étendue même des superficies à couvrir limite leur rôle. Deux bassins aux Minimes et leurs abords, trois en centre-ville, auxquels s’ajoutent le plateau nautique et les espaces extérieurs du musée maritime. La vigilance doit embrasser des dizaines d’hectares. C’est à cette impossibilité que s’amarre le projet d’implanter un réseau de vidéosurveillance que porte la Régie du port de plaisance.

« Il est plus facile de rentrer par effraction dans un bateau que dans un appartement », relève son directeur Bertrand Moquay. Il n’est pas question ici de flicage, ni d’attenter aux libertés publiques, ajoute-t-il en substance. Mais de « veiller à ce que les accès aux bateaux puissent être mieux filtrés ». Les caméras participeront à cette mission, en plus d’autres dispositifs (il est aussi prévu d’augmenter le nombre de portails avec code). L’enjeu est fort sur le plateau nautique, mis en exergue par les deux incendies que nous évoquions. Il ne l’est pas moins sur le havre d’échouage du Vieux-Port « qui est un lieu de haute fréquentation, de fête, où la conjonction de divers éléments de vie nocturne conduit à des destructions. Ce que l’on ne retrouve absolument pas aux Minimes. »

Ces incivilités et ces larcins n’ont ni une telle intensité, ni une telle fréquence, que les services de la Régie du port n’ont pas jugé utile d’en dresser une liste exhaustive. Mais, ne serait-ce que pour faire bon ménage avec les propriétaires des bateaux, la prévention des délits ne saurait être ignorée. L’association qui représente ces plaisanciers apprécie d’ailleurs les efforts consentis (lire ci-dessous).

« L’idée de cette vidéosurveillance, c’est aussi de gagner en réactivité, quand un agent observera un fait anormal sur un ponton. C’est un outil d’intervention, plus qu’un outil d’investigation », souligne Bertrand Moquay qui sait combien ce sujet sensible, est à fort potentiel explosif.

« Suivant les cadrages, nous sommes sur le domaine public. Or, nous n’avons pas vocation à savoir ce qui se passe sur les trottoirs, mais sur les passerelles. » L’autorisation préfectorale qui accompagne de telles implantations doit en théorie fournir les garde-fous.

Tester le matériel
Il y a le projet, il y a sa philosophie. On en est au stade où la direction du port doit s’affranchir des contraintes techniques et se forger une opinion sur les différents matériels, les angles de prises de vues, la capture des images, leur transmission vers un poste central dont l’emplacement, lui aussi n’est pas arrêté. Lorsque ces options seront retenues, alors, un cahier des charges pourra être rédigé qui, dans l’appel d’offres à venir, éclairera les entreprises candidates à l’implantation du dispositif.

C’est dans ce préalable de conseil que jeudi dernier, une équipe de techniciens, fournisseurs et installateurs de matériels rochelais, testait des équipements à la Maison du Vieux-Port, près de l’aquarium. Sans que leur mission de conseil ne préjuge du résultat de l’appel d’offres, que cela soit clairement exprimé.

Thomas Anso et Gérald Caillon, deux de ces spécialistes en système d’alarme et de vidéosurveillance se sont attachés à « optimiser les prises de vues ». Ils ont déjà remporté des marchés pour la RTCR (une douzaine de caméras au guichet de la place de Verdun et au dépôt de Lagord), aux Antilles à Jonzac (27 caméras, pas moins), au siège de la Communauté d’agglomération de Royan, et notent le développement des demandes des commerçants.

Sept à quinze caméras
Au port pour ce test, il leur est indiqué « ce qui doit être cadré. A nous de regarder d’où réaliser le meilleur cadrage. » Sur un site où les obstacles peuvent être une forêt de mâts, voire l’escale temporaire d’un mastodonte comme le trois-mâts « Belém », pas question de se tromper de point d’installation de la caméra. Ni d’ailleurs de caméra ou d’objectif. Certaines proposent des plans fixes, d’autres, motorisées, permettent des effets de zoom dont la démonstration de jeudi démontrait la qualité. « Nous pensons qu’il faut recourir aux deux types de matériels et, pour bien couvrir la demande formulée par la Régie, atteindre un total situé entre 7 et 15 caméras. »

La Régie qui recevra ces images test a fait provision de 50 000 € en vue de cet investissement. L’objectif étant de mener ce projet avant la fin de cette année.

Publié dans Sud-Ouest, le 19 Mars 2011