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SNCM : conseil de surveillance pour sortir du conflit

publié le 15 mars 2011


Un conseil de surveillance au siège de Véolia doit permettre de mettre fin au conflit qui empêche la SNCM de desservir la Corse depuis Marseille, fait savoir le journal La Provence.

Photo : G.Ruoppolo / La Provence

Le conseil de surveillance qui doit se tenir à Paris aujourd’hui en matinée au siège de Véolia, actionnaire majoritaire de la SNCM, sera-t-il de nature à mettre fin à un conflit qui, depuis 43 jours, empêche la compagnie d’exercer sa part de la desserte maritime de la Corse au départ de Marseille ? Gérard Couturier, président du directoire de l’entreprise qui dans cette grève a d’ores et déjà perdu plus de 8 millions d’euros, le souhaite. Voyant dans la réunion de cette instance dont le rôle est de valider ou pas les choix qu’il propose, “l’opportunité d’une clarification”. Puis d’ajouter : “Sinon, on va tous couler.”

Frédéric Alpozzo, secrétaire général des marins CGT appelé également à siéger en tant que représentant des salariés, aimerait lui aussi que la réunion soit fructueuse. D’où sa participation au conseil, mais aussi cette lettre envoyée à Cyrille Du Peloux, patron de la branche Véolia Transport et président du conseil de surveillance de la SNCM. Elle comporte plusieurs questions, dont le syndicaliste demande que les réponses soient apportées “en amont” du conseil de surveillance, lors d’une rencontre avec les actionnaires, Véolia et l’État qui détiennent respectivement 66% et 25% du capital. Cette réunion n’ayant pu avoir lieu, demeurent les interrogations relatives aux “engagements sociaux et industriels”.

Ainsi, est-il toujours d’actualité de préserver l’ensemble des lignes sur la Corse et le Maghreb ; de préserver l’unicité de la compagnie ; de préserver une flotte à 10 navires sous pavillon français de premier registre ; de ne pas mettre en oeuvre un nouveau plan social ? La CGT demande aussi à l’État s’il entend rester actionnaire à hauteur de 25% et au groupe Véolia “s’il souhaite conserver sa participation de 66%”. Il est également fait état d’interrogations sur le format de l’entreprise, la vente de navires, sa santé financière, ainsi que sur les conditions financières de la desserte de la Corse.

Un point particulièrement sensible, où il est fait état de la concurrence grandissante et surtout, de la crainte que la SNCM et son partenaire CMN, en viennent à utiliser un pavillon international. Comme le fait Corsica Ferries et comme l’a fait Mobylines avant de jeter l’éponge. “Ce pavillon, 40% moins cher, ne respecte pas le droit social français et les obligations fiscales.” Mais un paragraphe plus haut, la même lettre fait état de ce constat : “Quelle que soit sa flotte, aucune compagnie maritime française ne peut survivre dans ce contexte sans remettre en cause son format industriel, l’emploi national des marins et celui de tous ses salariés.”

Cyrille Du Peloux répondra-t-il à ce flot d’inquiétudes afin de désamorcer le premier conflit d’envergure de l’ère Véolia ? Demandera-t-il au directoire d’aménager ses choix ? Peut-être. Mais restent ces certitudes : la SNCM est à la croisée des chemins car elle ne peut persister à perdre des parts de marché et de l’argent.

Article paru dans le quotidien La Provence