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Port Médoc > Des plaisanciers en colère

publié le 4 mars 2011


Mécontents, l’association des plaisanciers tire la sonnette d’alarme et révèle qu’un audit commandé par la Communauté de communes pointerait des défaillances dans la gestion de Port Médoc.

En avril 2010, la Communauté de communes Pointe du Médoc décidait de lancer un audit sur la situation de Port Médoc Atlantique après une intervention de l’un de ses délégués, Xavier de Béchade, lui-même plaisancier, qui dénonçait ces dysfonctionnements dans la politique tarifaire du gestionnaire, la société Guintoli.

Selon lui, les tarifs pratiqués pénalisaient à la fois les usagers et les intérêts de la CdC. Le diagnostic, aujourd’hui entre les mains des maires de la CdC, n’est pas rendu public.

Seuls 400 anneaux vendus
Cependant, demain samedi 5 mars, à 14 h 30, au centre Jean-Parès, Jean-Claude Cigana, président de l’Association des investisseurs et usagers de Port Médoc (AIU Port Médoc) qui en a réclamé une copie – sans avoir eu satisfaction pour le moment -, compte aborder le sujet en assemblée générale et placer le débat sur fond politique en période électorale. La députée Pascale Got devrait être présente.

Le sénateur Xavier Pintat, président de la CdC, n’a pas encore donné de réponse. Frédéric Boudeau, le directeur de la CdC Pointe du Médoc, sans faire de révélations, livre quelques pistes de réflexions pour un futur « avec ou sans Guintoli ».

« Le déficit d’image de Port Médoc en termes de tarifs, de services et d’accueil est de plus en plus sensible dans les salons nautiques », regrette Jean-Claude Cigana, porte-parole d’une quarantaine d’adhérents propriétaires investisseurs de quelque 90 emplacements. Ils sont loin de rentabiliser leur mise, la direction de Port Médoc privilégiant la location de ses propres places disponibles au détriment des leurs. « Certains, qui ont misé sur le court terme et qui ont perdu leur conjoint, se retrouvent dans une situation dramatique », poursuit le président (la charge financière annuelle du propriétaire de l’emplacement varie de 2 222 euros pour un monocoque de 6 mètres à 18 600 euros pour un monocoque de 25 mètres).

« De plus, des rumeurs alarmantes circulent à propos des conclusions de l’audit commandité par la CdC. La politique commerciale et de gestion serait un échec. Seuls 400 anneaux ont été vendus. Qu’a-t-on fait de l’argent public et de celui des investisseurs ? », s’interroge-t-il.

«Pas un débat politique »
« En 2009, Port Médoc a produit 1,7 million de chiffre d’affaires et subi 1 million de déficit », a noté Cédric Guillaume, président des commerçants de Port Médoc. Sa boutique d’accastillage est l’une des rares (avec les restaurants) à ne pas pâtir du non-développement du centre commercial. « Est-il logique que nos bateaux quittent le plan d’eau idéal de Port Médoc pour gonfler les listes d’attente des petits ports de l’estuaire comme Talais, Saint-Vivien ou Goulée ? »

« Les maires de la CdC ont pris connaissance des conclusions de l’audit réalisé par Princewaterhouse Coopers. Placer le débat sur un plan politique n’est pas adapté. Les maires dont les sensibilités politiques sont différentes ne le souhaitent pas. Ils réagissent de façon sensée à ce premier bilan général après cinq ans de fonctionnement de Port Médoc. Les difficultés pressenties lors du lancement ne sont pas simples à résoudre et les solutions ne sont pas encore déterminées. Le délégataire a apporté un certain nombre d’explications, il doit maintenant trouver des solutions de sortie de crise. Tout le monde doit se remettre en question, la CdC doit optimiser la gestion de son port et préserver l’intérêt général.

Le conseil portuaire qui va suivre devra repositionner Port Médoc dans son contexte actuel. « Dans l’immédiat, l’audit ne sera pas rendu public », livre Frédéric Boudeau.

Article publié dans Sud-Ouest