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Le pescatourisme bientôt à Saint-Jean de Luz ?

publié le 3 mars 2011


Le comité local des pêches et l’Office de tourisme de Saint-Jean de Luz veulent développer le « pescatourisme ». Mais pour cela, il faudra assouplir les contraintes administratives, fait savoir le quotidien Sud Ouest.

Photo : Arnaud Dejeans / Sud Ouest

C’est bien joli d’admirer les bateaux depuis le quai de l’Infante. Mais certains touristes veulent aller plus loin. Au large précisément. « L’Office de tourisme reçoit pas mal de demandes de visiteurs qui veulent partager le quotidien du pêcheur en montant sur leur bateau », introduit Serge Larzabal, président du comité local des pêches. Le « pescatourisme », c’est son petit nom de code, existe depuis quelques années en Bretagne et balbutie en Méditerranée ou sur le bassin d’Arcachon. Il pourrait bientôt débarquer du côté de Saint-Jean-de-Luz.

Le pescatourisme est une nouvelle forme d’activité touristique au service du développement durable local maritime. Elle permet aux pêcheurs d’accueillir à bord de leurs embarcations des touristes qui participent ainsi à une matinée de pêche traditionnelle. De cette façon, le pêcheur diversifie son activité comme cela se produit depuis 40 ans avec l’agritourisme. Enfin, il témoigne auprès du grand public de son métier et des réalités de sa profession aujourd’hui. La sensibilisation du grand public, voilà le but de l’opération. Car les professionnels veulent prouver qu’ils travaillent en symbiose avec la mer.

REVENU COMPLÉMENTAIRE

En embarquant des touristes à bord, les pêcheurs pourront gagner entre 30 et 50 euros en plus par journée environ. Pas de quoi prendre la retraite à 35 ans… « Il ne faut pas se leurrer. Le pescatourisme ne va pas se substituer à la pêche. C’est simplement une activité complémentaire », prévient Serge Larzabal qui s’attend déjà à remonter des critiques dans ses filets avec ce projet : « Transporter des visiteurs, ce n’est pas le cœur du métier de pêcheur. Mais valoriser le métier et les produits, ça devient indispensable. » Deux ou trois professionnels du port ont déjà fait savoir qu’ils étaient intéressés. « Si ça marche pour eux, je suis certain que d’autres suivront la voie », fait le pari Serge Larzabal.

Le comité local aurait voulu mettre en place cette opération pour l’été à l’origine. Mais des contraintes administratives sont passées par-là : « Nous sommes en train de négocier avec l’administration centrale pour assouplir les règles. La sécurité des passagers doit être assurée, c’est une évidence. Mais quand je vois qu’ils demandent l’installation de sanitaires sur les bateaux, ça devient n’importe quoi. C’est impossible sur les petits bateaux qui sont majoritaires sur le port. »

PAS UN PROMÈNE-COUILLON

Si les investissements à réaliser s’avèrent prohibitifs, les professionnels ne joueront pas le jeu. « On attend la prochaine réunion, prévue dans quelques semaines, pour être fixés », rajoute Serge Larzabal.

Avec un assouplissement des règles, un ou deux bateaux « test » pourraient plonger dans l’aventure pescatourisme. « Il faudrait mettre en place une organisation légère et souple. L’Office de tourisme pourrait par exemple mettre en relation le passager avec le pêcheur qui donnerait lui-même l’heure et le lieu de rendez-vous. » Mais pas question de revenir à terre si le touriste prend conscience qu’il a le mal de mer ou qu’il a oublié la batterie de son appareil photo. « L’idée, c’est de vivre le quotidien du pêcheur. S’il part en mer à 5 heures du matin, ça sera au visiteur de s’adapter. »

Pas question non plus de transformer le passager en matelot. « Certains capitaines accepteront quand même qu’il relève les filets », conclut Serge Larzabal. Pour le touriste de passage, c’est un frisson garanti. Et c’est quand même plus sympa que de prendre les bateaux en photo depuis le quai.

Article publié dans le quotidien Sud Ouest