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Toulon > Les professionnels du nautisme s’indignent

publié le 2 mars 2011


Les travaux sur l’aire de carénage du port de Toulon inquiètent les shipchandlers, vendeurs de bateaux et autres professionnels de la darse nord. La période de carénage, de mars à juin, représente 50 % de leur chiffre d’affaire, qui risque de chuter en raison des travaux entrepris par la CCIV.

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«C’est scandaleux », clament les plaisanciers. « C’est insensé », s’indigne Christophe Charpentier, le président de l’association des professionnels du nautisme de la rade de Toulon. Menaces de blocage et/ou d’action en justice, ils se disent prêts à tout.

« Incidemment », par « un simple appel téléphonique du maître du port de la darse nord » reçu fin janvier, les professionnels du nautisme de la rade de Toulon (huit entreprises concernées) ont en effet appris qu’ils n’auraient plus le droit de gruter des bateaux de plus de dix mètres, ni d’en sortir plus de dix maximum, professionnels et particuliers confondus, jusqu’au 27 avril. Avec la crainte que les grutages soient suspendus après cette date.

« Nous n’avons même pas été informés »

Une décision qui soulève la colère des professionnels et plaisanciers, d’autant qu’elle intervient en pleine période de carénage, qui a lieu de mars à juin, risquant ainsi, pour les premiers, de faire dégringoler le chiffre d’affaires.

La chambre de commerce et d’industrie du Var (CCIV) aurait pris cette décision, « sans aucune concertation », en vue de faire démolir le bâtiment situé sur l’aire de carénage (lire ci-dessous).

Exaspérée, l’association de professionnels a ainsi écrit au président de la CCIV début février pour demander des explications. Sans réponse pour l’instant.

Bruno Milner, directeur de l’entreprise de location, vente et entretien de bateaux BM Schiff confie : « Sur les 200 bateaux sortis chaque année en moyenne pour le carénage, à moi seul, j’en fais 150. Je leur (la CCIV, Ndlr) ai laissé plusieurs dizaines de milliers d’euros. Nous sommes huit entreprises directement concernées et trois commerces de vente d’accastillages. Nous n’avons même pas été informés de cette décision. Nous n’avons plus de lisibilité après le 27 avril. Avant, nous pouvions sortir jusqu’à vingt bateaux de toutes les longueurs. »

Chiffre d’affaires menacé

Ces professionnels, shipchandlers, vendeurs de bateaux et tous les plaisanciers s’inquiètent.

Didier Seudre, de l’entreprise Didier Nautic Service craint la fuite des clients vers d’autres ports : « Les plaisanciers vont aller caréner ailleurs, à Hyères, à Bandol ou au port privé de Pin-Rolland à Saint-Mandrier. La darse nord, c’est la seule aire de carénage publique de l’aire toulonnaise. Déjà, lorsqu’ils avaient transféré cette aire de la vieille darse à ici, il y a six ans, les professionnels avaient perdu une grosse part de leur activité. Et l’an dernier, la grue a été bloquée trois semaines pour travaux à cause d’un problème sur un écrou. »

Serge Flaux, qui dirige le commerce Mathieu pêche accastillage, s’attend au pire : « Le carénage, c’est pour nous tous 50 % de notre chiffre d’affaires. C’est ce que je vais perdre déjà cette saison. Si ça continue, ce sera la cessation d’activité. »

Et de s’interroger : pourquoi la CCIV n’a-t-elle pas attendu une autre période pour entreprendre ces travaux ?

« Ces travaux sont d’intérêt général»

Jacques Bianchi, le président de la CCIV, tempère : « Après le 27 avril, les grutages seront prévus en quantités suffisantes. 80 % des bateaux font moins de 10 mètres. Ils seront limités pendant la période des travaux, qui devrait s’achever fin juillet. » Et d’ajouter : « Comme à Bandol, les travaux sur l’aire de carénage, il fallait les faire, choisir une date. Ca tombe comme ça. Je conçois que ça va gêner l’activité, mais ces travaux sont d’intérêt général pour améliorer la vie des plaisanciers. L’hiver, c’est le carénage et l’été, ça aurait été autre chose. On ne fait pas ces travaux pour nuire et gêner l’économie, mais pour la développer par la suite, justement. »

Article publié dans Var Matin