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Le conflit à la SNCM s’enlise

publié le 22 février 2011


Le conflit entre les marins et la direction de la SNCM est entré dans son 22ème jour. Les marins et les élus en appelle à l’Etat, fait savoir le journal La Provence.

Photo : Cyril Sollier / La Provence

Au 22e jour de grève, le dialogue n’est toujours pas renoué avec la direction de la SNCM et le conflit s’enlise. Du coup, les marins CGT et Autonomes multiplient les rendez-vous. Ainsi hier, une délégation a été reçue à la mairie de Marseille par le premier adjoint Roland Blum. Au même instant, une autre, conduite par Frédéric Alpozzo, le secrétaire général des marins CGT, l’était à Ajaccio.

De plus en plus nombreuses sont aussi les voix qui s’élèvent pour demander à l’État, actionnaire avec 25% du capital de la compagnie, de s’impliquer. “J’ai promis aux marins d’intervenir auprès de la direction de la SNCM et d’en faire autant auprès de Thierry Mariani, le secrétaire d’État aux Transports. Le temps qui passe met en danger la compagnie. Il faut que la grève cesse”, indique Roland Blum.

Qui a également décroché son téléphone pour demander à Éric Ciotti, le président du Conseil général des Alpes Maritimes qui a pris la décision de réduire les escales dans le port de Nice des navires qui desservent la Corse, de les recevoir. Car là est bien le point de départ de la grève. Au terme de 2010, le port de Nice a réduit à 300 le nombre des “touchées” globales pour les bateaux de la Corsica Ferries et de la SNCM.

La première a supprimé deux navires, la seconde a choisi de retirer le Liamone. Un navire à grande vitesse (NGV) qu’elle souhaite vendre. Les marins ont perçu dans cette décision un pas vers une réduction de la flotte et redoutent des conséquences sociales. Dans un courrier adressé à la direction qui proposait de renouer le dialogue, ils écrivent : “Avec le non-remplacement du NGV Liamone, vous décidez d’agir unilatéralement, sans respecter nos accords, sans tenir compte des instances représentatives du personnel (…) Dès lors, comme nous l’avons fait constater auprès des services de la Direction interrégionale de la Mer (…), tout dialogue social honnête et loyal est impossible.”

Autrement dit, la confiance n’est plus de mise. Au point que vendredi, en présence de Bernard Thibault venu à Marseille, Frédéric Alpozzo lançait : “Si on dépèce la SNCM, alors, oui, nous irons en justice”. Gérard Couturier, le président de la SNCM et Marc Dufour, directeur général recruté après avoir réalisé un audit, se veulent rassurants. Expliquant, chacun, que la SNCM s’est réorganisée et que le nombre des rotations au départ de Marseille a été augmenté afin de mieux répondre à la demande. Ils ajoutent “ne pas vouloir réaliser un plan social”.

Mais répondent aussi aux syndicats qui revendiquent la mise en service d’un dixième navire, “qu’il n’est pas question de revenir à une flotte de dix unités quand on n’en a besoin que de huit”. Dans La Provence d’hier, Gérard Couturier a aussi évoqué le contexte général. “Il faut une clarification rapide des intentions de la collectivité territoriale de Corse sur le service public.”

Une certitude cependant : la SNCM dont les recettes ont fondu de 10 millions d’euros (M€) en 2010, va mal. La compagnie a déjà perdu 4 M€ et le STC fait campagne pour que les régions Paca et Corse entrent à son capital. Mais au-delà, c’est le pourrissement qui inquiète. “Tout se passe comme si Véolia hésitait à rester”, résume un observateur.

Article publié dans La Provence