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Une nouvelle base de formation pour la SNSM dans le Nord ?

publié le 11 février 2011


Une brigade de surveillance fluviale, un centre de formation de sauveteurs en mer et un pôle de secourisme, tout cela dans un seul bâtiment à quelques mètres de la Deûle. C’est le projet de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), qui poserait bien ses bateaux… sous la passerelle du Colysée. Ne reste plus qu’à boucler l’accord entre l’association nationale et les collectivités, fait savoir La Voix du Nord.

Jean-Pierre Daubas a trouvé refuge sous le coffre ouvert de son véhicule. En ce matin frais, une pluie mesquine crépite sur la Deûle. Le directeur du centre de formation et d’intervention nordiste des sauveteurs en mer déroule un plan sur sa plage arrière. « Cela ferait 500 m². Ici, sur le coin, une salle de cours de 100 m². À côté, des vestiaires et des bureaux. Là, les hangars à bateaux. Nous en avons une douzaine. » Et tout cela, où ? Sous cette passerelle Soubise qui enjambe la Deûle entre le quai Géry-Legrand et le Colysée de Lambersart, face à la citadelle. Actuellement, l’espace grillagé sert d’entrepôt aux esquifs de l’association voisine, La Deûle.

Jean-Pierre Daubas connaît bien ces berges dotées de « la seule cale de mise en eau de Lille ». La SNSM l’utilise pour descendre ses Zodiacs, lors des entraînements. Les vingt-cinq instructeurs bénévoles du centre de formation (CFI Nord de France), basé à Hellemmes, forment au sauvetage, chaque année, 30 à 50 jeunes de la région. Avec la Deûle pour mise en bouche avant les tumultueux flots marins.

C’est pendant l’une de ces sessions, il y a deux ans, que le directeur s’avise de la surface disponible sous la passerelle Soubise. Une idée germe : rassembler là, sous le tablier du pont, le centre de formation, mais aussi un pôle de secourisme et une brigade fluviale. « On serait au bord de l’eau, avec une vraie visibilité, proches des piscines pour la formation au secourisme. » Gagner en visibilité et en cohérence, donc. Mais pas seulement. L’implantation d’une brigade fluviale associative marquerait « une première en France ». « À la différence des brigades de gendarmerie, celle-ci serait préventive », précise le bénévole. Entre les plongeurs acrobatiques, les jet-skieurs, les chutes de joggeurs, les besoins « existent », juge le directeur. Et ils iront croissant, « le Plan bleu devant apporter du trafic ». La SNSM Nord peut assurer « des patrouilles » : elle a les agréments sécurité civile, le savoir-faire, une vedette de troisième classe. Et une vocation, au-delà du service à la population : « Permettre à des jeunes des quartiers de se former, de se réinsérer », dit Jean-Pierre Daubas.

« Avec la mission locale, on veut intégrer ça à la politique emploi de la ville, confirme Akim Oural, le président du conseil de quartier des Bois-Blancs. La question des jeunes non qualifiés est une vraie question. » Et des formations comme celle de la SNSM, un élément de réponse. Akim Oural, « militant » de cette implantation, y voit trois bénéfices : « Créer une structure de sécurisation en bateau et à vélo requalifier le dessous de la passerelle en lien avec l’association La Deûle absorber des jeunes des Bois-Blancs pour leur offrir des débouchés. » Sauf que pour l’heure, Jean-Pierre Daubas s’interroge. L’affaire, certes, suit son cours réglementaire. Tortueux : si la passerelle appartient à la communauté urbaine, la parcelle est propriété des Voies navigables de France. LMCU a délibéré en décembre puis en janvier en vue de conventionner une sous-occupation des sols avec la SNSM. Mais faute de nouvelles de la ville, le bénévole craint que le projet capote. « Il n’y a pas de souci sur ce dossier, promet Akim Oural. Reste à accorder nos violons avec la SNSM. On attend leur lettre d’intention ».

Article publié dans La Voix du Nord