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Quatre idées pour préserver le Golfe de Saint-Tropez

publié le 4 février 2011


Une réunion de travail présidée par Jean-Pierre Tuveri, maire de Saint-Tropez et rassemblant les premiers magistrats du Golfe ainsi que de nombreuses personnalités, portait sur le volet territorial et maritime du Schéma de cohérence territoriale (Scot) d’une étude, dont le quotidien Var matin a retenu quatre temps forts.

Hervé Lillini/Var Matin

Mieux gérer les mouillages

Les ancrages des navires de croisière et de grande plaisance, dans le golfe ont des impacts irréversibles sur les coralligènes et les herbiers de posidonies. Une espèce menacée par les très envahissantes Caulerpa taxifolia et Racemosa, algues toxiques qui colonisent les milieux fragilisés et les 33 zones de mouillage forain. En période de pointe, le port de Saint-Tropez, dénombre jusqu’à mille bateaux en mouillage simultané dans les baies des Canebiers et de la Bouillabaisse. « La plupart ne sont pas équipés de système de récupération et les rejets se font quasiment tous par le plan d’eau » précise David De Monbrison, du cabinet d’études BRL ingénierie.

À ce jour, seul Cavalaire dispose d’une zone de mouillage organisé, et 85 bouées sont situées à proximité du port, pour les bateaux de 7 à 16 mètres.

Saint-Tropez envisage de créer un port à sec enterré (projet à l’étude), sur le même modèle que celui d’Arcachon, et promet d’améliorer l’organisation des mouillages dans la baie des Canebiers, avec des ancres à vis ou corps-mort.

Sainte-Maxime et La Croix-Valmer viennent d’engager des réflexions sur le sujet.

Transport maritime

Horaires peu adaptés. Bateaux qui ne circulent pas l’hiver, et des tarifs cinq fois plus élevés qu’en rade de Toulon.

L’offre actuellement proposée matière de transport maritime, ne correspond pas aux attentes des actifs et des résidents permanents. « Elle souffre de manière générale d’un manque de structuration, d’une vive concurrence (neuf compagnies recensées) en période estivale et d’une absence de coordination avec les transports en commun terrestres » souligne le cabinet BRL.

Les membres du SCoT planchent sur le développement d’un nouveau service transport maritime. « C’est un dossier complexe » reconnaît le directeur des transports au Conseil général, Jacques Berthail. S’il n’exclut pas de participer à ce gros projet, le Département préfère pour l’instant étudier d’autres pistes. « Une étude est en cours, afin de développer les transports en sites propres dans le golfe » précise le fonctionnaire territorial.

Bien d’autres points furent évoqués. Si les constats sont assez souvent alarmants, des solutions existent. Hélas, les coûts constituent un premier frein. Certains désaccords s’ajoutent aux difficultés mais visiblement sur ce point les choses semblent en voie d’amélioration.

Sensibiliser le monde agricole

Chargés d’évaluer la qualité des eaux, les experts du Syndicat de la Giscle ont constaté, en 2010, que les niveaux de Lindane (pesticide) étaient supérieurs à la normale pour la zone de Pampelonne. En amont des rejets de la station d’épuration de la Giscle, le rapport indique que « la pollution en matière azotée trouve son origine dans les pratiques agricoles : culture de la vigne et de la canne de Provence ». Les pépinières, comme les zones de production horticole, participent, elles aussi, à la contamination des eaux. Mis à part les coopératives de Grimaud et Cogolin, la plupart des caves ne sont pas équipées de dispositifs de traitement de la pollution. Les conséquences sur la faune marine se font déjà sentir. « Le taux de contamination des cétacés est 3 à 10 fois plus élevé qu’en Atlantique », observe-t-on au sanctuaire Pélagos. Ce problème ne laisse pas insensible Florence Lanliard. Selon le maire du Plan-de-la-Tour, les ouvriers du monde agricole ont « ouvert les yeux après les intempéries. On trouve là un terreau propice pour faire passer notre message et les sensibiliser sur l’utilisation de ces produits phytosanitaires ».

Prévention des risques

Trois plages fermées (août 2009) au Rayol, à Ramatuelle et à Saint-Tropez, suite à un dégazage sauvage. Des tonnes d’hydrocarbure qui flottent à 25 kilomètres au large du cap Camarat (février 2010), après une collision devant le port de Gênes. Le risque est bel et bien présent. Chaque semaine, de nombreux bateaux transportant des matières dangereuses se croisent au large du golfe.

Le cabinet BRL ingénierie indique, dans son étude, qu’en dehors des communes associées à l’Observatoire marin (Sainte-Maxime ébauche un plan Infrapolmar et la mise en place d’un PC de crise), « les municipalités du golfe sont peu préparées » pour affronter de telles catastrophes.

Source : Var Matin