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Négociations autour de la retraite des dockers

publié le 1 février 2011


Bloqués par les grèves, la situation dans les ports bretons est catastrophique. Ce soir, dockers, patrons de la manutention et directeurs de ports vont tenter de sortir de l’impasse, indique le quotidien Le Télégramme.

Au Havre à Marseille, mais aussi à Brest comme à Lorient, la grève des dockers a des conséquences dramatiques sur les activités portuaires. Le temps de déchargement des navires est bien plus long que d’habitude. À Lorient, un caboteur qui consacre normalement 24heures au déchargement a dû attendre quinze jours. À Brest, un navire est resté bloqué 18 jours avec ses 60.000 tonnes de soja, deux fois plus longtemps que prévu. Les bateaux sont sur «liste d’attente» et doivent mouiller au large. Pour les importateurs, c’est un surcoût financier non négligeable qui risque d’être répercuté sur les clients et notamment sur la filière nutrition animale. Celle-ci a d’ailleurs formé hier un «collectif pour la libération des ports bretons». Estimant que «le blocagemenace l’activité de 120.000 éleveurs et salariés de la filière agroalimentaire». Pour mémoire, plus de 4millions de tonnes de céréales, huiles, graines et tourteaux transitent par les ports bretons, chaque année. À la CCI de Lorient on s’inquiète aussi: «Avec un tiers des déchargements programmés, Kergroise pourrait bien perdre de gros clients».

L’ÉTAT MONTRE DU DOIGT

Pour cette paralysie des ports, le gouvernement est montré du doigt. Surtout par les dockers CGT et les patrons de la manutention (Unim) qui ont mené pendant plusieurs années des négociations concernant une refonte de la convention collective des ports, sous le regard bienveillant des services de l’État. La nouvelle convention prévoit un départ à la retraite des dockers à 58 ans au lieu de 62 ans, au titre de la pénibilité. Or, au moment de signer, en novembre dernier, le gouvernement a refusé d’accorder les quatre ans aux dockers.

“PROVOCATIONS”

Et la semaine dernière, le secrétaire d’État Thierry Mariani a réaffirmé qu’il n’était pas question de céder sur ce point: ce sera deux ans et pas un de plus. Chez les dockers et les patrons de la manutention, on considère qu’une parole donnée ne peut être reprise. Et que préjuger de la négociation qui doit avoir lieu ce soir à Paris, «c’est de la provocation». D’autres voix se font entendre: Gérard Lahellec, vice président de la Région, considère qu’en prenant «le risque d’un enlisement du conflit, l’État prend la décision de compromettre à terme l’existence même des activités économiques liées au développement de nos ports».