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Des piscines comme des bateaux

publié le 27 janvier 2011


Une entreprise tout juste créée propose des piscines fabriquées selon le procédé des coques de bateaux. Philippe André est un avant-gardiste à plusieurs titres. À 52 ans, après avoir créé pour les autres des usines de fabrication de piscines domestiques, il se met à son propre compte. Mais pas n’importe comment, explique-t-il au journal Sud-Ouest.

Installé depuis trois mois dans un grand entrepôt d’environ 1 000 m2 à la place d’une coopérative agricole à Bernay- Saint-Martin, il joue sur l’innovation pour se démarquer d’un marché où la concurrence est rude.

Avant-gardiste, d’abord, parce qu’au lieu de fonder une entreprise classique, lui et six autres associés ont créé une Scop (Société coopérative de participation). Il s’agit d’une Sarl soumise à l’impératif de rentabilité comme toute entreprise mais qui bénéficie d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats favorisant la pérennité des emplois et du projet d’entreprise. Ils sont donc sept patrons. Ce type de montage n’est pas courant.

L’esprit des compagnons
« Nous sommes tous issus du compagnonnage et nous avons voulu conserver cet esprit », indique Philippe André qui a débuté sa carrière comme menuisier et fabrique des piscines depuis dix-sept ans. « Tout le monde est responsabilisé sur le bon fonctionnement de l’entreprise et nous en partageons tous les bénéfices. » À moyen terme, d’ici la fin 2011, ces entrepreneurs espèrent être une vingtaine de salariés.

Pour ça, il faut que la mayonnaise prenne. Et les intéressés ont des arguments à faire valoir. « Nous ne sommes pas une énième entreprise de fabrication et d’installation de piscines », affirme Laurent Doz, le commercial du groupe.

La botte secrète de Philippe André est d’utiliser le même procédé pour fabriquer ses coques de piscines que les grands du nautisme pour les coques de bateaux. « On utilise les mêmes produits qu’eux, ce qui permet de réduire au maximum les effets d’osmose », explique t-il.

Des microballons permettent en effet de constituer une barrière étanche entre l’eau et la coque. Un procédé nécessaire pour les bateaux en contact avec un milieu naturel, l’eau salée, agressif. L’absence d’étanchéité efficace peut entraîner l’apparition de champignons sur la coque de la piscine. Il faut alors la reponcer et la repeindre.

Du granit venu des States
« Nous sommes les seuls à proposer ce type de technique dans le Sud-Ouest. Aujourd’hui, beaucoup continuent à fabriquer les piscines comme il y a trente ans. On a voulu prendre un peu d’avance », fait remarquer Philippe André qui essaie de lancer le produit de Nantes jusqu’au pied des Pyrénées.

Les associés de la Scop, baptisée APP17, ont également eu l’idée d’importer des Etats-Unis des composites en granit ou en nacre pour décorer la coque. « En France, ce n’est pas utilisé. On a adapté le process aux normes françaises. Nous disposons d’un panel de 300 à 400 couleurs », confie l’intéressé.

« Dernièrement, un client m’a commandé du rouge. Ces composites entraînent un scintillement à la surface du bassin et rendent l’eau cristalline », constate Laurent Doz. Pour ceux qui voudraient avoir des hippocampes ou des dauphins, des motifs peuvent aussi être intégrés à la coque.

Quant au prix, Philippe André assure que ce n’est pas plus cher. « Nous sommes dans un budget consacré à une piscine normale. Tout ça parce qu’on a gagné du temps sur le processus de fabrication qui est semi-automatisé. » Il faut compter entre 13 000 et 14 500 euros.

La Scop APP17 prévoit des portes ouvertes début février pour lancer officiellement son produit et inaugurer en même temps la création de l’entreprise. Les associés espèrent la venue de la présidente de région, Ségolène Royal.

Source : Sud-Ouest