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Le député veut l’interdiction de l’Irgarol

publié le 11 janvier 2011


Au nom du principe de précaution et au vu des résultats scientifiques, le 7 décembre 2010 à l’Assemblée Nationale, François DELUGA a demandé l’interdiction de la commercialisation de l’irgarol comme composé des peintures antifouling. Voici l’interview réalisée par le quotidien Sud-Ouest du 11 janvier.

François Deluga se félicite de la réponse favorable du ministre de l’Environnement.

Comment avez-vous été sensibilisé au problème de l’Irgarol (1) ?
Cela faisait un ou deux ans que la SRC (Section Régionale Conchylicole) et les scientifiques nous alertaient sur l’accroissement de certaines substances dans le Bassin d’Arcachon. Et notamment une présence de plus en plus importante d’Irgarol dans les huîtres, même s’il ne dépassait le seuil d’alerte. En septembre, on nous a remis un document qui confirmait que les HAP (2) et l’Irgarol étaient en croissance forte dans les eaux du Bassin.
Pour les hydrocarbures, c’est une politique d’urbanisme à long terme. Pour l’Irgarol, que l’on trouve dans les peintures antifouling, on pouvait agir de suite.

Quelle a été votre action ?
J’ai interrogé le ministre de l’Environnement, à l’Assemblée nationale, en lui demandant tout simplement l’interdiction. Il n’était pas question de dire que les plaisanciers sont responsables. Ce sont ceux qui produisent l’antifouling nocif qui sont responsables. Soit, on interdit l’antifouling. Soit, on construit des ports à sec, grâce auxquels les bateaux n’ont plus besoin d’antifouling.

Quelle a été la réponse de la ministre ?
Son secrétaire d’État a répondu qu’un dossier européen était en cours de traitement, soit pour interdire l’Irgarol dans les peintures antifouling, soit pour le restreindre aux gros bâtiments qui vont en haute mer, autrement dit l’interdire pour les bateaux de plaisance. Le ministre de l’Environnement s’est montré très explicitement favorable à l’une comme à l’autre des deux solutions. La commission européenne doit se prononcer au printemps. La France devrait prendre ensuite, dans le courant de l’année, un arrêté pour interdire ou restreindre l’Irgarol.

Êtes-vous satisfait ?
On n’a pas encore gagné, mais c’est une avancée importante pour la qualité des eaux du Bassin d’Arcachon. Pour être tout à fait franc, je ne pensais pas avoir une réponse aussi positive de la ministre de l’Environnement.

(1) Irgarol ou cybutryne est un biocide pesticide algicide puissant de la famille des triazines, utilisé dans les antifoulings en remplacement du tributylétain interdit.
(2) hydrocarbures aromatiques polycycliques
Source : Sud-Ouest